C’est l’un des enjeux des élections en Andalousie, dimanche 2 décembre : l’extrême droite de Vox va-t-elle obtenir un, voire plusieurs sièges ? Née en 2013, cette formation, longtemps ultraconfidentielle, a gagné en visibilité l’an dernier, grâce à la crise catalane et au retour des discours sur l’« unité de l’Espagne ».
Avant octobre 2018, Vox n’était qu’une formation marginale à l’ombre du Parti populaire (PP, droite), abonnée à des scores confidentiels : 0,2 % aux législatives de 2016. Mais le parti est parvenu à capter l’attention des médias et du grand public grâce au succès d’un meeting, organisé le 7 octobre, en pleine crise catalane, au palais omnisports de Vistalegre, en banlieue de Madrid. Plus de 9 000 militants et sympathisants ont applaudi à l’un des slogans : « Vive l’Espagne, vive la police nationale, vive la Garde civile et vive le roi ! »
Difficile à mesurer dans les sondages, la poussée de Vox en Espagne pourrait se matérialiser dans les urnes dimanche 2 décembre, lors des élections régionales d’Andalousie. Des études d’opinion laissent entendre que le parti pourrait faire son entrée au Parlement régional. Ce serait une première pour cette communauté autonome, la plus peuplée d’Espagne, mais aussi l’une des plus pauvres du pays (taux de chômage à 25,5 % l’an dernier).
L’extrême droite est absente du Parlement espagnol depuis 1982. Blas Piñar, leader de Fuerza Nueva, avait obtenu un siège en 1979, en pleine transition démocratique (378 964 votes, soit 2,1 % des suffrages). La formation politique d’extrême droite avait ensuite été dissoute en novembre 1982.