L’ancien premier ministre et candidat aux primaires socialistes pour la présidentielle a enfin officialisé mardi sa candidature à la mairie de Barcelone, pour des élections qui se dérouleront en mai 2019. Il annonce abandonner tous ses mandats en France, délaissant son poste de député et la ville d’Évry, à laquelle il déclarait son infini attachement il y a à peine plus d’un an.
À 19 h 18 précisément, Manuel Valls a levé les derniers doutes, s’il y en avait : « Je veux être le prochain maire de Barcelone », a-t-il d’emblée déclaré en espagnol pour annoncer sa candidature. L’expression a été répétée trois fois. Il a ensuite fait appel aux citoyens de la ville, avant de leur raconter son histoire avec la région, pour se donner l’image d’un enfant du pays. Plus de 10 minutes de discours en direction de celles et ceux, certainement nombreuses et nombreux à Barcelone, qui ne connaissent pas le candidat. Sans oublier un clin d’œil au Barça, le club de football, pour conclure cette séquence très couleur locale.
Pour démontrer sa connaissance de la ville et l’intérêt qu’il lui porte, Manuel Valls a égrené les difficultés auxquelles elle est confrontée, fidèle à la tradition sécuritaire dans laquelle il s’inscrit : insécurité, incivisme, trafic de drogue. Il a néanmoins voulu donner le change en rappelant le manque de logements sociaux, couplé à une hausse immodérée des loyers, ainsi que la pauvreté grandissante. Plus tard, il a appelé les associations, les travailleurs, « les gens de tous horizons » à travailler avec lui. Sans socle politique fort à Barcelone, il doit absolument s’ouvrir à la société civile.
Se prenant pour un nouveau maître des horloges, Manuel Valls met donc fin au vrai-faux suspens qu’il entretenait savamment depuis des semaines. Il se déclare officiellement candidat à la mairie de Barcelone. L’élection aura lieu le 26 mai 2019. Quittant au moins momentanément la France, où sa dernière défaite cuisante fut celle de la primaire de gauche face à Benoît Hamon début 2017, l’ex-premier ministre socialiste va faire campagne certainement avec l’aide de Ciudadanos, l’allié local et droitier de La République en marche qu’il fréquente depuis des mois, et en recherchant des soutiens dans la société civile. Un pari très loin d’être gagné en terre catalane, tant l’homme divise encore de l’autre côté des Pyrénées.