À peine élu à la tête du Parti populaire, Pablo Casado a multiplié les sorties sur les dangers de l’immigration, alors que plus de 500 migrants atteignaient chaque jour les côtes espagnoles fin juillet. Ses adversaires dénoncent l’alignement du parti sur les extrêmes droites européennes.
Le paysage politique espagnol est longtemps resté une exception en Europe : malgré la violence de la crise économique et sociale, et l’envolée du taux de chômage, aucun des quatre grands partis n’avait fait de l’immigration son cheval de bataille. Cette exception européenne a pris fin avec l’arrivée de Pablo Casado à la tête du Parti populaire (PP, droite). Les cadres du PP ont choisi, le 21 juillet, ce jeune loup de la politique espagnole, et Casado n’a pas tardé, quelques jours à peine après son élection, à durcir le ton sur les enjeux migratoires.
« Ce n’est pas possible qu’il y ait des papiers pour tout le monde, un État-providence ne peut absorber les millions d’Africains qui veulent venir en Europe et nous devons le dire, même si c’est politiquement incorrect. Soyons honnêtes et responsables sur cette question », a déclaré Pablo Casado le 29 juillet, en marge d’un déplacement à Avila, au nord-ouest de Madrid.
Tandis que le gouvernement socialiste dirigé par Pedro Sánchez (PSOE) recevait des louanges internationales en accueillant l’Aquarius au port de Valence et les 629 migrants à son bord, en juin dernier, Pablo Casado n’a pas hésité non plus à critiquer ce geste de solidarité. Le durcissement de la ligne du PP intervient à un moment clé : depuis le début de l’été, en partie parce que l’Italie a fermé ses ports aux migrants sous l’influence de la Ligue, l’Espagne est redevenue l’une des principales portes d’entrée pour les migrants en Europe.