La justice espagnole enquête sur les agissements d’une « brigade patriotique » visant à décrédibiliser, de 2012 à 2016, les opposants politiques à la droite de Mariano Rajoy alors au pouvoir. Pour Pablo Iglesias (Podemos), ces « égouts d’État » fonctionnent encore.
Des documents falsifiés, des rapports de police sans fondements, un complot d’espionnage pour effacer des preuves de corruption, des voyages à Cuba et à New York pour nuire à des adversaires politiques… Tout cela ressemble aux ingrédients d’un thriller. Mais il s’agit de certains des agissements de l’auto-dénommée « brigade patriotique », que l’Espagne est en train de découvrir, parfois avec stupeur.
La justice espagnole est en train d’enquêter sur le fonctionnement d’une « police politique » reliée à de très hauts cadres du ministère de l’intérieur et à de hauts fonctionnaires des services de police, entre 2012 et 2016, alors que la droite du Parti populaire (PP) gouvernait l’Espagne. Sa mission : décrédibiliser les opposants politiques du PP, en particulier durant les périodes électorales, pour mieux servir les intérêts de la formation de Mariano Rajoy au pouvoir.
À deux semaines des élections législatives du 28 avril, les informations qui filtrent au compte-gouttes dans la presse espagnole ont eu pour effet de tendre le début de la campagne officielle. Elles mettent au jour « les égouts de l’État », le surnom donné par des journalistes comme par des figures de la politique espagnole – dont Pablo Iglesias – à cette confrérie « patriotique ».