Expulsions massives, centres de rétention surpeuplés… Devenue la première porte d’entrée pour les migrants en Europe, l’Espagne fait face aux critiques du Conseil de l’Europe sur sa gestion des frontières à Ceuta et Melilla, deux enclaves espagnoles situées au nord du Maroc.
Avec la fermeture des ports italiens imposée par le ministre de l’intérieur Matteo Salvini, les flux de migrants se sont orientés vers l’Espagne. Depuis le début de l’année, le pays a ainsi enregistré plus de 33 000 arrivées. Et en juin dernier, le chef du gouvernement espagnol Pedro Sánchez avait en quelque sorte sauvé l’honneur de l’Europe en accueillant dans le port de Valence l’Aquarius et les 629 migrants à son bord.
Malgré tout, la politique migratoire menée par le gouvernement socialiste est loin d’être exemplaire, notamment en ce qui concerne la gestion des frontières à Ceuta et Melilla, ces deux enclaves sous autorité espagnole situées au nord du Maroc.
« Les centres d’accueil de Melilla et de Ceuta sont surpeuplés (…). Des dizaines d’enfants non accompagnés à Melilla et à Ceuta sont sortis du système de protection, vivent dans la rue et essaient d’embarquer sur un ferry à destination du continent », pointe Tomáš Boček, représentant spécial du secrétaire général sur les migrations et les réfugiés du Conseil de l’Europe, dans un rapport publié jeudi 6 septembre. L’organisation intergouvernementale dénonce également « les expulsions collectives » qui se déroulent dans les deux enclaves.