L’appel à la grève générale a été très suivi, mardi en Catalogne, afin de condamner les violences policières commises dimanche. Plus de 300 000 personnes se sont rassemblées dans le centre de Barcelone. À Madrid, les socialistes du PSOE exhortent le gouvernement à s’expliquer sur les consignes qui auraient été données à la Guardia Civil en amont du référendum. En vain pour le moment.

Barcelone (Espagne), envoyée spéciale.– À 32 ans, Daniel Carrillo n’a pas l’habitude de se rendre à des manifestations. Mais il a participé, plus résolu que jamais, au gigantesque rassemblement qui a noirci les rues du centre de Barcelone, ce mardi en fin d’après-midi. « Je veux plus que jamais défendre mes droits », explique-t-il, lui qui a subi, comme tant d’autres dimanche matin, des violences policières.

L’image de ce jeune homme, aux côtés d’une femme d’une vingtaine d’années, a fait le tour du monde le 1er octobre, jour de la consultation. Sur la photo (reprise par exemple sur le site de CNN, ci-dessous), les deux tentent de faire barrage pour empêcher l’entrée des agents antiémeutes de la police nationale dans un bureau de vote situé à l’intérieur de l’Escola Ramon Llull, en plein centre de Barcelone.

Carrillo, employé dans un entrepôt du port de Barcelone, s’était rendu devant cette école au petit matin. Il a d’abord vu passer les Mossos d’Esquadra (la police régionale catalane), effectuant des rondes dans le quartier. Mais ils n’ont pas interpellé les gens qui s’agglutinaient autour de ce centre scolaire, proche de la Sagrada Familia. « Tout avait l’air calme jusqu’à 9 heures du matin, l’heure d’ouverture des bureaux de vote. Plus de 50 agents antiémeutes ont alors débarqué », se souvient Carrillo qui arborait, au lendemain des faits, un œil au beurre noir.