Le premier ministre socialiste Pedro Sánchez a proposé, lundi 3 septembre, un référendum pour statuer à nouveau sur l’avenir de la Catalogne au sein de la monarchie espagnole. Une proposition saluée à gauche par Podemos, mais rejetée par les indépendantistes catalans.
Un vote pour « l’autonomie, non pour l’autodétermination ». Dans le but de tempérer la crise catalane, le chef du gouvernement espagnol Pedro Sánchez a proposé, lundi 3 septembre, un référendum sur un nouveau statut visant à « renforcer le gouvernement de la Catalogne ». Il écarte toutefois l’hypothèse d’un vote sur l’indépendance de la région.
Face à une « société divisée, coupée en deux, le moyen de résoudre la crise consiste à dépasser la dynamique des blocs », a déclaré le chef de l’exécutif à la radio espagnole Cadena Ser. « La Catalogne est actuellement régie par un statut pour lequel qu’elle n’a pas voté, donc il y a un problème politique », a-t-il poursuivi. L’acte lui-même doit donc « être un scrutin, mais pas un scrutin pour l’indépendance ou l’autodétermination ». Le chef du Parti socialiste espagnol (PSOE) n’a cependant pas apporté de précisions sur la date de l’éventuelle consultation ni sur le contenu juridique du nouveau statut envisagé.
Si elle dénote une volonté de renouer le dialogue entre Madrid et Barcelone, l’offre de Pedro Sánchez a un air de déjà-vu pour les indépendantistes catalans – lesquels rejettent en bloc un nouveau statut pour la région. « Le processus d’indépendance est irréversible », a répété le président catalan Quim Torra dans une interview sur la chaîne catalane TV3 lundi matin, refusant de se contenter d’un statut d’autonomie. Mardi soir, dans un discours au théâtre national de Barcelone, le même homme a réitéré son opposition à la piste proposée par le chef du gouvernement, tout en reconnaissant que « cette musique » lui semblait « intéressante » car elle signifiait que Madrid reconnaissait l’existence d’une crise institutionnelle. Pour Quim Torra, « seul un référendum d’autodétermination accepté, contraignant et reconnu internationalement, pourra renouveler le mandat du 1er octobre 2017 ».